Echec
Le Cavalier a prit la Reine.Le Fou veillait pourtant sur elle,
Comme sur la prunelle de ses yeux.
Ils lui furent arrachés tous deux.
Dans l'une des tours on l'enferma.
- La Reine, bien-sûr, pas le fada -
Celui-ci continue d'errer
Comme un mendiant sur l'échiquier.
Huit soldats de la garde du Roi,
Parmi les plus vaillants, je crois,
Furent désignés "volontaires",
Pour aller délivrer la Mère
D'un royaume de carrés vides
Battit sur des terres arides.
Sept d'entre eux, de bons kamikazes,
Finirent en martyrs sur leur case.
Le huitième un peu plus malin,
Ne voulait pas mourir en vain.
Je crois même - c'est entre nous ! -,
Qu'il n'voulait pas mourir du tout.
Un peu stratège, un peu chanceux,
Se faisant remarquer très peu,
Il arriva près de la tour,
La dynamita sans détour.
Mais la règle veut qu'aux échecs,
Le pion qui délivre la Reine,
Doit s'constituer prisonnier,
Echange de bons procédés.
C'était mal connaitre notre ami
Qui glissa des mains ennemies,
S'en fut rouler sous le tapis,
Et disparut comme par magie.
Depuis sur le grand échiquier
La paix règne des deux côtés.
On aurait même entendu dire,
Que la nuit on entend des rires.
Ça parlemente, ça s'amuse,
Entre les deux camps plus de ruses.
Alors pourquoi faire la guerre
Pour quelques centimètres de terre ?
Quand un pion nous a démontré
Que les frontières doivent exister
Juste pour pouvoir les franchir
Et surtout pas pour y mourir.

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